Attendre dans l’inconnu : la dure épreuve des évacués à Cornwall
La vie s’organise pour les sinistrés des feux de forêt de la Première Nation de Sandy Lake arrivés ces dernières heures à Cornwall. Vance Mekis est arrivé à l'hôtel et centre de conférence DEV de Cornwall depuis quelques jours déjà. Le résident de la Première Nation de Sandy Lake Vance Mekis a été accueilli à Cornwall avec toute sa famille. Photo : Capture d'écran Radio-Canada Le résident de la Première Nation de Sandy Lake fait partie des premiers évacués. Lundi, quelque 370 personnes ont été évacuées du Nord de l’Ontario et accueillies dans l’Est ontarien. Trina Boisvenue est la commandante de la médecine communautaire pour le Service paramédic de Cornwall. Photo : Radio-Canada / Antoine Fontaine Vance Mekis n’est pas seul à Cornwall. Des membres de sa famille, dont ses deux petits-fils, sont avec lui. Plusieurs enfants sont en bas âge, certaines femmes sont enceintes, des personnes sont assez âgées ou malades. Autant de gens ayant des besoins particuliers. En ce moment, on est vraiment en phase d’évaluation des besoins pour essayer de déterminer qui sont ces personnes. On est en contact avec le médecin et la pharmacie qui fournissent normalement des soins à cette communauté. «C'est un autre moment où on doit faire preuve de courage pour répondre à une communauté vulnérable malgré le manque d'investissement dans les soins et le manque de planification du fédéral», dit Étienne Grandmaître St-Pierre. Photo : Radio-Canada / Fatoumata Traore Au-delà des questions de santé physique, l'aspect psychologique est suivi avec sérieux. Celui qui coordonne le soutien médical local des évacués à Cornwall n’en est pas à son premier accueil de sinistrés. Le Dr Paul Roumeliotis, qui coordonne le soutien médical des évacués à Cornwall, n’en est pas à son premier accueil de sinistrés. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Felix Desroches Mais quand? On présume [qu’ils devront rester] au moins quelques semaines avant de pouvoir retourner [à Sandy Lake]. Sur les réseaux sociaux, le Grand chef du conseil, Leonard Lazore, dit comprendre la difficulté d’abandonner son chez-soi et répond présent. Ce sont nos proches, et nous sommes solidaires. «Cette intervention est le fruit d'une véritable collaboration et nous sommes fiers de nous associer à nos partenaires pour leur apporter un soutien significatif et respectueux», a dit Shannon Roundpoint. Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin Ce n’est pas la première fois que Cornwall accueille du monde. En 2021, elle avait accueilli des résidents de Deer Lake pour leur permettre d'échapper aux feux de forêt. Le Dr Roumeliotis explique que, désormais, C'était tellement, tellement bouleversant pour notre peuple
, dit-il, non sans émotion.
Nous avons dû agir vite, car le feu se propageait trop rapidement et envahissait notre communauté.
C’est quand même quelque chose de très stressant et émotif. Faut s’imaginer se déplacer comme ça, à la dernière minute
, explique la commandante de la médecine communautaire pour le Service paramédic de Cornwall SDG, Trina Boisvenue. Mais la Croix-Rouge est ici sur place pour prendre soin de toute la logistique, pour faire l’enregistrement.

En fait, j’ai toute ma famille ici, donc je n’ai pas à m’inquiéter pour eux
, se rassure le sinistré. Mais il y a toujours des gens qu'il reste à évacuer. Je ne suis pas certain de tous les détails, de leur destination.
En ce moment, ils ont besoin de couches. Ils ont été déplacés et ils ont besoin de changer les enfants, de les nourrir
, explique le gestionnaire du programme de santé primaire au Centre de santé communautaire de l'Estrie, Étienne Grandmaître St-Pierre.Ce dont ils vont avoir besoin dans les prochains jours, c'est d'avoir accès à un médecin, à une infirmière praticienne pour pouvoir faire des renouvellements d'ordonnances, des suivis de grossesse.

L'état mental, l'état moral… [Ils] sont vraiment affectés de façon nocive. Parfois, ils laissent leur maison, leurs effets personnels à la dernière minute parce que les feux sont là
, relève le Dr Paul Roumeliotis.Ça fait 12 ou 13 ans que je suis responsable de coordonner tout ça et oui, ils ont des craintes médicales, peut-être [... ] des ordonnances à renouveler, etc. Mais ils ont aussi besoin de soutien pour la santé mentale, morale… Surtout les familles, les enfants. Le déplacement a un effet psychologique majeur.

Aucune date de retour déterminée
Les gens veulent juste rentrer chez eux, vous savez
, souligne M. Mekis.C'est une question à laquelle on ne peut pas répondre pour le moment
, regrette le Dr Roumeliotis. Je participe à trois ou quatre vidéoconférences par jour avec la province, le fédéral, pour faire le point.
Le Conseil mohawk d’Akwesasne est sur place pour assurer une intégration et des soins culturels appropriés
, ajoute la commandante Trina Boisvenue.Akwesasne est là pour leur offrir un accueil chaleureux et un lien avec la communauté en cette période difficile
, peut-on lire dans son message.Nous sommes là pour veiller à ce que les familles de Sandy Lake se sentent prises en charge d'une manière qui honore leur identité et ce qu'elles ont vécu
, souligne la directrice générale par intérim du Conseil mohawk, Shannon Roundpoint. 
L’accueil, une tradition à Cornwall
On a souvent vu des évacués pour différentes raisons, puis chaque fois, la communauté les accueille à bras ouverts, tous les partenaires dans la communauté se déplacent et font de leur accueil une priorité
, rappelle la commandante de la médecine communautaire pour le Service paramédic de Cornwall SDG, Trina Boisvenue.une certaine routine va s’installer
, en attendant de pouvoir rentrer chez soi.Je prie pour ça, lance Vance Mekis. Que ce feu s'éteigne et que tout le monde rentre chez soi en sécurité.
Advertising by Adpathway









